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vendredi 8 décembre 2017

Mieux comprendre le vote de la loi Warsmann sur le régime d’asile européen

Pendant la nuit de jeudi à vendredi, la proposition de loi du député Jean-Luc Warsmann sur le droit d’asile a été votée à l’Assemblée nationale par 41 voix contre 11 voix, dont celle de la députée du Morbihan, Nicole Le Peih. En début de semaine, les Gens Heureux d’accueillir des réfugiés avaient alerté les députés des quatre départements bretons dans lesquels résident désormais les demandeurs d’asile accueillis l’hiver dernier dans le Trégor. Aucun n’a répondu. En quatre jours, une pétition dénonçant cette loi a réuni 549 signataires. jeudi 7 décembre, Jacques Toubon, le Défenseur des droits dénonçait  la banalisation de l’enfermement des étrangers, « au mépris du respect des droits fondamentaux les plus élémentaires ».

La campagne de Frontexit, menée par la Cimade,
la LDH et d'autres associations européennes.
www.frontexit.org
Alors que la Cour de justice de l’Union européenne et la Cour de cassation avaient jugé contraire au droit le placement en rétention administrative de demandeurs d’asile sous le régime de Dublin, un député des Ardennes, Jean-Luc Warsmann (LR) a déposé une proposition de loi dont l’objectif assumé est de faciliter la rétention pour augmenter le nombre de transferts de demandeurs d’asile. Selon le juge, le placement en centre de rétention administrative (CRA) n’est possible que si le demandeur risque de s’enfuir. En définissant ce risque de fuite selon dix critères et en permettant l’enfermement en CRA plus tôt dans le parcours des demandeurs d’asile, la nouvelle loi complexifie encore les textes et durcit le droit d’asile.

1298 étrangers sous procédure Dublin, transférés en 2016
Pendant l’examen du texte, soutenu par le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb, le député Warsmann a indiqué « qu’en 2016, seuls 1 293 des 14 308 étrangers sous procédure « Dublin » avaient été transférés ». Les députées de la France Insoumise ont pratiqué l’obstruction législative, en défendant une multitude d’amendements, avec l’idée que la séance devant être levée à une heure du matin, l’Assemblée Nationale n’aurait pas le temps de voter l’ensemble du texte. Toutefois, la décision du président de séance de dépasser l’heure convenue a fait échouer cette tactique.

Nicole Le Peih vote contre la loi Warsmann
A une heure et demi, le texte était voté par 41 députés de La République en marche, du Modem, de l’UDI et apparenté FN. Parmi les onze voix contre, on repère des députés de la France Insoumise, du Parti Socialiste et de LREM, notamment Nicole Le Peih, députée du Morbihan (détails dans l’analyse de scrutin).

Alors que le président de la République a annoncé une « refondation complète » de la politique d’immigration pour le printemps (voir article du Monde paru en septembre), les Gens Heureux s’inquiètent des orientations qui apparaissent avec cette proposition de loi. Ils reprennent à leur compte les critiques émises par la Cimade (voir communiqué de presse).

Mépris des droits fondamentaux selon Jacques Toubon
Les Gens Heureux saluent la prise de position de Jacques Toubon, Défenseur des droits, qui voit dans cette loi « un tournant politique déplorable en termes de respect des droits et des libertés fondamentales » et une banalisation de l’enfermement des étrangers, « au mépris du respect des droits fondamentaux les plus élémentaires ».

Les Gens Heureux  s’interrogent aussi sur la constitutionnalité de cette loi. Selon le juriste Pierre Januel, « la jurisprudence du Conseil constitutionnel prévoit que le placement en rétention n’est possible que dans un but de sauvegarde de l’ordre public, « lequel commande de prendre les mesures nécessaires à l’éloignement des étrangers en situation irrégulière » (commentaire de la décision n° 2003-484 DC). Dès lors que la rétention de l’étranger n’a pas pour but d’exécuter une décision d’éloignement, il y a lieu à s’interroger sur la constitutionnalité de cette proposition de loi ».


Enfin, les Gens Heureux souhaitent qu'Eric Bothorel, député de la 5e circonscription des Côtes-d’Armor maintienne ses engagements de campagne, quand il écrivait aux Gens Heureux qu’il remettrait en cause les accords de Dublin. « J'étais aux côtés de Corinne lors de la contre manifestation faisant face à celle du FN, dite anti-migrants, déclarait-il. Je me suis, il y a plusieurs mois, porté volontaire auprès de l’association Singa Project (aide aux réfugiés). Ma sensibilité, mes valeurs et mon parcours sont en phase avec les combats que vous portez et que je mènerez demain en tant que parlementaire si les électeurs me font confiance. »

> + d'infos
Une dépêche Reuters sur le vote de la loi Warsmann

Pourquoi la proposition de loi sur le renforcement de la rétention des migrants inquiète les ONG, 20 minutes


lundi 4 décembre 2017

Une proposition de loi pour l'enfermement massif des demandeurs d'asile

Les Gens Heureux d'accueillir des réfugiés ont écrit aux 27 députés bretons pour leur demander de bloquer, vendredi 7 décembre, une proposition de loi numéro 331 « permettant une bonne application du régime d’asile européen » émanant du groupe Les Constructifs. Ils proposent aussi une pétition sur le sujet. Cette loi permettrait l’enfermement massif des personnes demandeuses d’asile sous le coup de la procédure de Dublin.


Les Gens Heureux d’accueillir des réfugiés n’ont de cesse de dénoncer la procédure de Dublin, une procédure inique, une négation des droits humains des personnes migrantes. En janvier 2017, lors d’une cérémonie de parrainage des demandeurs d’asile en mairie de Trébeurden, Corinne Erhel, députée des Côtes d'Armor, avait appelé à une révision de cette réglementation européenne dans un sens plus humaniste.

Or, le 29 novembre, la Commission des lois a validé la proposition de loi du député Warsmann. Ses membres contribuent ainsi à faire de la procédure de Dublin, ignorante des droits fondamentaux des personnes migrantes, une souricière dans laquelle se perdent les plus démunis des démunis.


Cette attitude n’est pas digne de notre pays.

Aussi, nous nous joignons à l’appel de la Cimade, scandalisée par cette proposition de loi. Avec elle, nous invitons les parlementaires à s’y opposer. Les Gens Heureux proposent aussi à chacun de signer une pétition en ligne. En effet, jamais aucune régression de cette ampleur n’a été envisagée par le législateur. Depuis leur ouverture en 1984, les centres de rétention n’ont pas été pensés pour enfermer préventivement, mais pour permettre à l’administration d’exécuter une mesure d’éloignement du territoire. Le changement envisagé fait basculer le régime de la rétention dans un autre registre, dangereux et attentatoire aux libertés individuelles. Il tend à remettre en cause les fondements mêmes de l’État de droit.


Parce qu’au cours de l’année 2017, les personnes migrantes accueillies dans les Centres d’accueil et d’orientation (CAO) de Trébeurden et de Trégastel ont été disséminées dans toute la Bretagne administrative, nous nous adressons à l’ensemble des député.e.s breton.ne.s.


Nous leur demandons de rejeter cette proposition de loi qui sera examinée en séance plénière le 7 décembre et nous espérons que la France, par la voix de ses députés, enclenche un dialogue avec l’Union européenne pour que la procédure de Dublin soit revue et respecte les droits humains.




vendredi 6 octobre 2017

La prise en charge des réfugiés et des demandeurs d'asile par l'Etat en région Bretagne

NOTE : Le texte suivant est la reprise d'un communiqué de presse de la préfecture de Bretagne - 4 octobre 2017

Depuis le début de la crise migratoire en 2015, et encore davantage depuis le démantèlement du camp de Calais en octobre 2016, les services de l'Etat en région Bretagne, et plus particulièrement en Ille-et-Vilaine, sont fortement mobilisés pour accueillir les migrants. La Bretafne contribue ainsi à l'accueil et à la mise à l'abri des personnes migrantes, dans le cadre des accords européens et internationaux.


Depuis le début de l’année 2017, 929 migrants ont été accueillis en Bretagne. Ces migrants ont pu connaître des parcours divers avant d’arriver sur le territoire breton. Plus de la moitié d’entre eux est issue des transferts hebdomadaires qui sont organisées depuis Calais, Grande Synthe et plus récemment de la région Île-de-France afin d’évacuer les campements qui se sont constitués dans et autour de la capitale. Ces opérations de transfert ont débuté en mars 2017 et se traduisent actuellement par l’arrivée chaque semaine de 29 migrants en Bretagne.

jeudi 8 juin 2017

Les Gens Heureux interpellent les candidats aux législatives

Dans le cadre de la campagne électorale pour les élections législatives, les Gens Heureux ont adressé, mercredi 7 juin, une lettre et quatre questions aux candidats de la cinquième circonscription des Côtes-D’Armor. Trois candidats ont répondu : Eric Bothorel (LREM), Eric Robert (PS), Yves Nedellec (EELV) et Trefina Kerrain (Oui la Bretagne). Nous publierons sur le blog les réponses des autres candidats quand elles nous parviendront.

La lettre des Gens Heureux

Vous êtes candidat aux élections législatives dans la cinquième circonscription des Côtes-d’Armor.

Pendant l’hiver passé, suite au démantèlement de la “jungle” de Calais, une cinquantaine de réfugiés ont séjourné dans les Centre d’accueil et d’orientation (CAO) de Trégastel et de Trébeurden. Ce séjour s’est terminé à la fin du mois de mars.

Outre les services de l’Etat, l’entreprise Coallia missionnée pour l’accompagnement social des réfugiés, et les communes de Trégastel et de Trébeurden, de nombreux bénévoles sont mobilisés au sein du collectif des Gens Heureux d’accueillir des réfugiés. Nous avons travaillé en étroite collaboration avec l’ensemble des acteurs et cet engagement de tous les acteurs du territoire a contribué à la réussite de cette expérience.

Alors que les réfugiés ont, pour la plupart, quitté le territoire de la circonscription, nous souhaitons connaître vos intentions si vous deveniez député.e :
1. Accompagnerez-vous et soutiendrez-vous le collectif des Gens Heureux et le collectif de soutien aux sans papiers du Trégor dans leur soutien auprès des personnes migrantes ?
2. Plaiderez-vous auprès du gouvernement pour que les prérogatives liées à l’asile et à l’immigration ne soient plus confiées au seul ministère de l’Intérieur, conformément à l’approche humaniste de l’asile, droit fondamental, reconnu par notre Constitution et notre adhésion à la Convention de Genève de 1951 ?
3. Plaiderez-vous pour l’abolition du délit de solidarité et la réécriture de l’article L 622-1 dans le Code de l’entrée, du séjour des étrangers et du droit d’asile ?
4. Remettrez-vous en cause les accords de Dublin que Madame Erhel avait dénoncés en janvier lors d’une cérémonie de parrainages à Trébeurden ?

Dans l'attente de votre réponse, veuillez recevoir l'expression de nos meilleurs sentiments.


La réponse d’Eric Bothorel (La république en marche)
J'étais aux côtés de Corinne lors de la contre manifestation faisant face à celle du FN, dite anti-migrants. Je me suis, il y a plusieurs mois, porté volontaire auprès de l association Singa Project (aide aux réfugiés).
Ma sensibilité, mes valeurs et mon parcours sont en phase avec les combats que vous portez et que je mènerez demain en tant que parlementaire si les électeurs me font confiance.
Mes réponses sont positives pour les 4.

La réponse d’Eric Robert (parti socialiste)
1. Accompagnerez-vous et soutiendrez-vous le collectif des Gens Heureux et le collectif de soutien aux sans papiers du Trégor dans leur soutien auprès des personnes migrantes ?
Je m'engage à accompagner et soutenir les deux collectifs. Mais mon soutien an tant que candidat aux élections législatives s’adresse également aux associations qui disposent d'un support national (Cimade, Gisti, Coallia ) ainsi qu’aux barreaux concernés.
Je tiens à rappeler que j'ai sollicité le collectif "Les gens heureux d’accueillir des réfugiés à Trégastel et Trebeurden" pour un entretien dès le début de ma campagne, précisément pour vous manifester mon soutien. Mais aussi parce qu'il me semble primordial de prendre le temps de rencontrer les acteurs locaux. Cela témoigne de ma méthode : prendre le temps de faire connaissance et d'approfondir les sujets afin de mieux en comprendre les enjeux. 

2. Plaiderez-vous auprès du gouvernement pour que les prérogatives liées à l’asile et à l’immigration ne soient plus confiées au seul ministère de l’Intérieur, conformément à l’approche humaniste de l’asile, droit fondamental, reconnu par notre Constitution et notre adhésion à la Convention de Genève de 1951 ?
Le ministère de l’Intérieur est en charge aujourd’hui des prérogatives liées aux affaires étrangères et aux affaires sociales.  Ce monopole du ministère de l’Intérieur est un vrai problème car il participe de la confusion fréquente entre immigration et asile, et demande pour raison de santé et prétendue fraude. Les services des préfectures chargés d'accompagner les personnes qui demandent l'asile doivent aussi être soutenus afin de pouvoir proposer un accompagnement de qualité et le plus rapide possible pour les demandeurs de droit d’asile.

3. Plaiderez-vous pour l’abolition du délit de solidarité et la réécriture de l’article L 622-1 dans le Code de l’entrée, du séjour des étrangers et du droit d’asile ?
Vous faites référence au procès de bénévoles qui ont aidé à passer des demandeurs d'asile bloqués à la frontière italienne notamment. Pour ma part, la pénalisation devrait être circonscrite aux réseaux mafieux et aux marchands de sommeil sans que les bonnes volontés individuelles puissent être inquiétées.

4. Remettrez-vous en cause les accords de Dublin que Madame Erhel avait dénoncés en janvier lors d’une cérémonie de parrainages à Trébeurden ?
Comme je vous l'ai dit lors de notre entretien du 29 mai je m'engage à remettre en cause les accords de Dublin afin de faciliter le parcours des demandeurs d'asile dans leur souhait de s'intégrer dans un pays de leur choix. Les accords de Dublin vont à l'encontre de nos valeurs républicaines et devraient être supprimés. En réalité, le constat d'échec du système Dublin actuel a déjà été fait par la Commission elle-même. Le règlement sert essentiellement à tenter de remplir des objectifs chiffrés d'éloignement pour les préfectures sans égard à la demande d'asile elle-même, dont on peut douter qu'elle sera réellement examinée en Hongrie ou en Grèce, pour des raisons différentes bien sûr. Il faut donc faire pression sur les instances européennes et rester vigilant sur les projets de la commission qui ne vont pas forcément dans le sens d'un plus grand respect de la convention de Genève.
C'est précisément sur ce genre de sujet qu'en tant que socialiste j'aurai la liberté de m’exprimer  quand les députés rem devront soutenir  le ministre de l'Interieur qui réaffirme concernant les personnes qui demandent l'asile : "(...) celles dont la demande d'asile relève d'un autre Etat membre doivent être réadmises dans cet Etat."  


La réponse d'Yves Nedellec (Europe Ecologie Les Verts)

1. Accompagnerez-vous et soutiendrez-vous le collectif des Gens Heureux et le collectif de soutien aux sans papiers du Trégor dans leur soutien auprès des personnes migrantes ?OUI. De nombreux trégorrois et trégorroises font preuve d'une grande solidarité que ce soit au sein du CSSP ou du plus récent collectif des Gens Heureux. Au delà des réfugiés qui ont séjourné à Trébeurden et Trégastel, le CSSP accompagne au quotidien des jeunes Mineurs Non Accompagnés ou jeunes majeurs. Je soutiendrai toutes les initiatives qui permettront à la solidarité citoyenne, idéalement aux côtés du Conseil Départementald'aider ces jeunes à faire valoir leurs droits et à se (re)-construire. 

Questions 2 à 4 : OUI sans aucun doute à chacune des ces trois questions. Ces trois éléments font partie des 15 points votés par le Conseil Fédéral d'EELV des 13 et 14 octobre 2015 dans le cadre de la motion "Passons des discours aux actes"Cette motion est accessible via ce lien et est malheureusement toujours d'actualité.

La réponse de Trefina Kerrain (Oui la Bretagne - Breizh evel just)
1. Accompagnerez-vous et soutiendrez-vous le collectif des Gens Heureux et le collectif de soutien aux sans papiers du Trégor dans leur soutien auprès des personnes migrantes ?
J’ai suivi avec attention les actions du collectif des Gens Heureux et du collectif de soutien aux sans papiers du Trégor (tout comme de nombreux membres de l’UDB, dont je fais partie). Quoi qu’il arrive, je continuerai à les soutenir et à m’investir auprès des personnes migrantes, pour qu’elles puissent avoir accès au droit de solliciter l’asile ainsi qu’à un travail, un logement décent et aux services de santé. 

2. Plaiderez-vous auprès du gouvernement pour que les prérogatives liées à l’asile et à l’immigration ne soient plus confiées au seul ministère de l’Intérieur, conformément à l’approche humaniste de l’asile, droit fondamental, reconnu par notre Constitution et notre adhésion à la Convention de Genève de 1951 ?
Oui, je m’y engage. Il ne faut pas confondre l’accueil et l’intégration des étrangers avec une politique de gestion des flux migratoires. Je lutte pour une véritable décentralisation des pouvoirs à tous les niveaux. Il est essentiel d’augmenter les moyens des collectivités locales, qui se suppléent en partie à l’État pour la protection des personnes immigrées. 
En conséquence, les prérogatives liées à l’asile et à l’immigration ne doivent plus être confiées au seul ministère de l’intérieur. 

3. Plaiderez-vous pour l’abolition du délit de solidarité et la réécriture de l’article L 622-1 dans le Code de l’entrée, du séjour des étrangers et du droit d’asile ?
Oui, sans hésiter ! L’humain est prioritaire. Les demandeurs d’asile ne fuient pas leur pays par plaisir, ils cherchent un refuge, un lieu d’accueil où leur vie ne sera pas en danger. Les familles ne doivent pas être séparées ou renvoyées dans leurs pays où les soins médicaux sont insuffisants. 
Les personnes qui leur viennent en aide ne doivent pas subir le délit de solidarité, il est donc nécessaire de réécrire l’article L 622-1 dans le Code de l’entrée, du séjour des étrangers et du droit d’asile. 

4. Remettrez-vous en cause les accords de Dublin que Madame Erhel avait dénoncés en janvier lors d’une cérémonie de parrainages à Trébeurden ?
Oui, je rejoins le point de vue Corinne Erhel sur ce point. Les accords de Dublin sont injustes, nous devons tout faire pour que les personnes hébergées en CAO, notamment à Trébeurden et Trégastel, puissent demander le droit d’Asile en France. 

mardi 7 mars 2017

Aujourd'hui Dublin fini !

Nous apprenons aujourd'hui que les 14 garçons qui attendent de déposer leur demande d'asile seront convoqués en préfecture  pour le faire, demain pour dix d'entre eux et le 27 mars pour les quatre autres.

Youpi ! Ils sont tous "dédublinés". La promesse qui leur a été faite à Calais sera respectée, comme l'annonçait hier France3 Haut-de-France sur son site web.

Avec le Collectif de soutien aux sans-papiers du Trégor, les Gens Heureux continuent à les accompagner pour présenter un bon dossier à l'Ofpra, pour décrocher une protection internationale au titre de la Convention de Genève, pour apprendre le français, pour trouver leur place en France.


:-)

dimanche 15 janvier 2017

A vos agendas pour vendredi et samedi !

Après une magnifique soirée de parrainages, les secrétaires des Gens Heureux vous transmettent quelques informations à ajouter à votre agenda hebdomadaire cette semaine.

Plusieurs journaux ont rendu compte de la soirée parrainages, en mairie de Trébeurden, vendredi 13 janvier:
La liberté de circuler et de s’installer sont des libertés fondamentales inscrites dans la Déclaration universelle des droits de l’homme. C’est pour cette raison que

mardi 10 janvier 2017

2017 : On continue d’accompagner les réfugiés !

Après les fêtes, les Gens Heureux poursuivent l’accueil et l’accompagnement des demandeurs d’asile du CAO de Trébeurden. Le formulaire de demande d’asile et le guide d’aide au récit sont traduits en arabe et désormais en pashto. Sept personnes effectuent ce jour leur demande d’asile à Rennes, sept autres signent leur Contrat d’intégration républicaine, une dizaine seront parrainées vendredi soir. Et 28 attendent de pouvoir déposer une demande d’asile !

2017 ! Bloavezh mat d’an holl dud laouen da zegemer repuidi e bro Dreger !
Bonne année à tous les gens heureux d’accueillir des réfugiés dans le Trégor !

Après une belle fête de réveillon, le déménagement de tous les résidents du CAO de Trégastel vers celui de Trébeurden et une galette des rois fort sympathique, les parcours des 42 réfugiés afghans, pakistanais et soudanais en quête de protection ont repris.

Avant les fêtes de Noël, nous apprenions que sept d’entre eux seraient «dédublinés», c’est-à-dire qu’ils pourraient commencer une procédure de demande d’asile en France. Ils seront reçus les jours prochains en préfecture à Rennes. Dans 21 jours, ils transmettront à l’Ofpra leur formulaire Cerfa de demande d’asile.

> lire l’article « Accompagner les réfugiés dans leur demande d’asile » en français, en anglais ou en arabe

Dans l’attente de la traduction de cet article en pashto, pour aider les demandeurs d’asile, les Gens Heureux ont préparé un document bilingue français et pashto, reprenant ce Cerfa.

Ce mardi 10 janvier, sept autres résidents du CAO qui bénéficient d’une protection au titre du droit d’asile (10 ans) ou de la protection subsidiaire (12 mois) sont également partis à la préfecture de Rennes signer avec les représentants de l’Etat en Bretagne leur Contrat d’intégration républicaine. Selon la loi, ils s'engagent à suivre des formations (civique et si nécessaire, linguistique) pour favoriser leur autonomie et leur insertion dans la société française.

Respect de l’engagement de dédubliner les demandeurs d’asile !
Ces bonnes nouvelles n’empêchent pas les Gens Heureux de rester vigilants et que soit respecté l’engagement de Bernard Cazeneuve, alors ministre de l’Intérieur, au moment du démantèlement du camp de réfugiés de Calais : permettre à chacun d’entre eux de déposer en France une demande d’asile. Ils sont encore 28 à attendre d’être « dédublinés » (lire l’article sur les accords de Dublin).

Parrainages le vendredi 13 à Trébeurden
Cette semaine verra aussi la tenue de la 4e cérémonie de parrainages à Trébeurden. Pour faciliter leur parcours et leur installation en France, chaque réfugié volontaire, qu’il bénéficie déjà d’une protection au titre du droit d’asile ou non, est parrainé par un citoyen et un élu local.

vendredi 2 décembre 2016

Les demandeurs d'asile préfèrent apprendre le français

Vendredi après-midi, des représentants de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) sont venus rencontrer les pensionnaires du CAO de Trébeurden pour leur proposer la "fameuse" prime financière pour retourner dans leur pays d'origine, une prime récemment majorée à 1850 euros à condition d'accepter l'offre du gouvernement français avant le 31 décembre.

Colette, bénévole de l'association Lire & Ecrire qui organise chaque jour des cours de 
Patrick de Tonquédec, président de Lire & Ecrire,
au CAO de Trégastel
français gratuits raconte la suite: "Réponse des migrants: même avec 20 000 euros, on ne repartira pas. Vous savez ce qu’on a ici ? Une équipe de gens formidables qui nous apprennent le français”. Et ils ont applaudi ! "Cela fait la troisième fois que vous nous réunissez pour nous proposer cela. Nous, on a mieux à faire : aller à notre cours de français. Ils se sont levés et sont partis en cours rejoindre Joelle."

Bravo à eux !

Autres informations de la semaine.
- Après le départ en Cada de trois personnes jeudi dernier, quatre autres demandeurs d'asile seront hébergés dans les Cada de Brest et de Vannes à partir de la semaine prochaine. 
- Les Gens Heureux et le Collectif des sans papiers ont rencontré la sous-prèfète de Lannion, jeudi matin. L'enjeu est de s'assurer que les promesses du ministre de l'Intérieur au moment du démantèlement de la jungle de Calais soient tenues et que les personnes accueillies en CAO puissent déposer leur demande d'asile en France et pas dans le pays qui a enregistré leur présence en premier en Europe (voir l'article sur la procédure de Dublin).
Les Morlaisiens ont livré à Paris, au camp de la porte de la Chapelle les couvertures et les bagages collectés par Marie-Hélène, Claudine et Corinne.
- Dans les CAO, l'équipe de Coallia a entièrement été renouvelée en début de semaine.
- Des premières consultations "syndrome du stress post-traumatique" sont proposées par un médecin retraité bénévole.
- L'opération parrainage avec les élus locaux et les citoyens se met en place, notamment grâce aux activités nocturnes de deux aimables sorcières.

Match au Roudourou
Mercredi soir, à l'invitation du club En avant de Guingamp, une quarantaine de demandeurs d'asile, accompagnés d'une dizaine de bénévoles sont allés voir le match EAG - Nice. Ils ont retrouvé une vingtaine de jeunes mineurs hébergés dans le CAO de Saint-Cast. Un beau moment pour tous, malgré la défaite 1-0 sur la pelouse. France3 Iroise était là pour tourner un reportage… e brezhoneg mar plij !