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jeudi 24 novembre 2016

Les Lettres persanes en Trégor (2)

En 1721 parurent les Lettres persanes, un roman épistolaire sur les pérégrinations d'Usbek et Rica, deux Perses en voyage en Europe. Alors que nous apprenions la venue à Trégastel et Trébeurden d'une cinquantaine de réfugiés de Calais, Christian Barbeau, de Pleumeur-Bodou s'est souvenu de ce monument de la littérature. Nous publions son pastiche aussi régulièrement que la malle postale nous le permet.

> Relire la première lettre.

Lettre II. Rustan à Usbek

Tu es le sujet de toutes les conversations d’Ispahan ; on ne parle que de ton départ. Les uns l’attribuent à une légèreté d’esprit, les autres à quelque chagrin : tes amis seuls te défendent, et

mercredi 9 novembre 2016

Les lettres persanes en Trégor

En 1721 parurent les Lettres persanes, un roman épistolaire sur les pérégrinations d'Usbek et Rica, deux Perses en voyage en Europe. Alors que nous apprenions la venue à Trégastel et Trébeurden d'une cinquantaine de réfugiés de Calais, Christian Barbeau, de Pleumeur-Bodou s'est souvenu de ce monument de la littérature.
Si son pastiche vous plaît, vous trouverez le suivant la semaine prochaine sur ce blog. Et qui sait si ces lectures vous donneront envie de replonger dans ce classique de Montesquieu…


Mon cher Rustan,

Je t’écris depuis le bus qui me mène en Bretagne.

Rica et moi ne sommes pas les premiers parmi les Persans que l’envie de vivre dans la paix ait fait sortir de leur pays, et qui ont fui les douleurs d’une vie difficile pour aller chercher laborieusement un lieu pour nous et notre famille ; nous allions les retrouver à Calais.

Hélas, nous n’y avons pas séjourné ; à peine, au vingt-cinquième jour de notre départ d’Ispahan, y étions-nous arrivé après bien des efforts, pour prendre quelque repos dans « La Jungle », que des gens d’armes nous proposèrent aimablement mais fermement de la quitter, en choisissant notre destination. J’ai choisi la Bretagne, car elle ne semble séparée que de quelques brasses de notre but ultime, la Bretagne aussi, mais la Grande. Peut-être y retrouverons-nous les mêmes mœurs, voir le bonheur qui nous a fui depuis longtemps.

A l’approche de Trébeurden, une pancarte ..CAS.. et des toits colorés de voitures attirèrent notre attention. Voilà donc les toits « en dur » qui allaient nous abriter, des carcasses de voiture ! Les gents d’arme qui nous escortaient nous rassurèrent : ce n’était pas la casse de voiture mais le CCASS qui allait nous recevoir !

Mande-moi ce que l’on dit de notre voyage ; ne me flatte point : je ne compte pas sur un grand nombre d’approbateurs. Adresse ta lettre au CCAS de Trébeurden, où je séjournerai quelque temps. Adieu, mon cher Rustan. Sois assuré qu’en quelque lieu du monde où je sois, tu as un ami fidèle.

Usbek
De Tauris, le 15 de la lune de Saphar, 2016.
(Xian Barbeau)